Karine Wittig : à la découverte de soi.

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Karine Wittig a trente deux ans et depuis septembre 2009 elle est retournée à l’université. C’est au bug de l’an 2000 que Karine doit sa carrière dans l’informatique. Après cinq ans d’études en biologie cellulaire elle cherche du travail dans sa branche mais sans succès. On manque alors cruellement d’informaticiens pour préparer le passage au XXIème siècle et le secteur informatique recrute volontiers tous les chercheurs scientifiques disponibles. Karine passe des tests de logique et de rapidité et après quatre mois de formation intensive elle était lancée ! Jusqu’en 2008, elle a travaillé comme business analyst dans le service informatique de grandes banques, les deux dernières étaient luxembourgeoises. Les banques suivent les marchés grâce à des systèmes de gestion des flux boursiers. Sa tâche consistait par exemple à mettre en œuvre le passage d’un système donné à un nouveau système pour évoluer en même temps que le progrès technique. Après huit ans dans la banque elle avait le sentiment de ne pas avoir fait avancer le monde. Gagner de l’argent, c’est tout.

Subprimes.jpg à propos des subprimes... Action1.jpg Elle a démissionné malgré l’incompréhension de son entourage : on ne lâche pas un si bon salaire et elle s’est donnée six mois de réflexion.

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C’est à Madagascar que le déclic se fait : elle voit la terre colorée de l’île et se dit qu’elle veut faire un tableau avec ça.

Tant bien que mal elle ramène un sac de terre et dès qu’elle est rentrée elle invente un mélange de terre et de colle et peint son premier tableau, un portrait d’enfant. Tout le monde la complimente et là elle comprend qu’elle avait oublié une chose : elle sait dessiner. Elle sait peindre.
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Ces six mois lui permettront de rencontrer des gens différents et de montrer son travail un soir de concert à la passerelle de Florange où elle vend son premier tableau. Régis, à Thionville, lui offrira les murs de son salon de coiffure pour sa première exposition personnelle. Elle s’isole un peu de sa famille, elle a besoin de toucher cet ennui profond qui ouvre les yeux sur soi-même. Au bout de cette pause elle se rend à l’évidence : elle a connu le désir de peindre sans s'arrêter.


Maintenant qu’elle sait vers quoi elle veut aller, il lui faut retourner travailler pour rentrer de l’argent tout en gardant une plage de temps pour créer. L’argent, elle en a besoin pour vivre et pour acheter le matériel. Elle retrouve un job au Luxembourg dans son domaine de compétence mais là, surprise : au bout d’un an elle est virée sans formalités, c’est la crise et les salariés sont bien moins protégés de l’autre côté de la frontière qu’en France. Elle a droit à deux ans d’allocation chômage et c’est à ce moment là qu’elle décide de suivre les cours de 2ème année d’art plastique à la fac de Metz. Si elle reconnait qu’elle a idéalisé ce monde de l’art et que les rapports avec les professeurs sont moins épanouissants qu’elle l’avait imaginé, elle est contente d’avoir pu suivre cette année. Elle progresse plus vite que si elle était restée seule à chercher dans les rayons de la bibliothèque. Karine a besoin d’une vue d’ensemble pour savoir ce qui s’est déjà fait en art.


Elle veut se démarquer et donner une autre dimension à ce qu’elle fait

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Elle sait déjà qu’elle a pour elle ce qu’elle a vécu. Son regard sur le monde, Karine l’a ouvert pendant sa dernière année de formation en biologie au Portugal. Cette expérience de l’exil lui a fait ressentir l’isolement du migrant et le rejet de l’autre. Elle ne parlait pas la langue, elle était vraiment perdue entre le labo sa chambre et l’épicerie. Elle n’a jamais oublié ces sentiments et aujourd’hui, elle essaie de rester attentive aux autres : elle est pour toujours sensible à l’indifférence pour ceux qui sont isolés et qui subissent le racisme. Après cette année de fac il lui restera huit mois pour valider son expérience et mette son activité en place. Elle sait que la voie choisie est la bonne, elle sera bientôt sans filet mais elle a envie de se donner les moyens et d’y arriver.



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le site internet de karine[1] Awita1.jpg


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