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	<title>Rencontre avec Nawel - Historique des versions</title>
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	<updated>2026-05-08T11:49:44Z</updated>
	<subtitle>Historique des versions pour cette page sur le wiki</subtitle>
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		<id>https://wikithionville.fr/index.php?title=Rencontre_avec_Nawel&amp;diff=211376&amp;oldid=prev</id>
		<title>Marine Gérard le 24 mars 2014 à 10:23</title>
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		<updated>2014-03-24T10:23:06Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Nouvelle page&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;div&gt;Je m&amp;#039;appelle Nawel, je viens d&amp;#039;un petit village en Algérie, où j’étais professeur d&amp;#039;anglais. Je suis arrivée en France il y a plusieurs années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Vivre et travailler en Algérie.===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:carte-algerie.jpg|300px|right]]J&amp;#039;ai grandi en Algérie, et j’y ai fait des études, comme beaucoup de monde : l&amp;#039;école primaire, le collège, puis le lycée. Après mon bac, je n&amp;#039;ai pas été à l’université, j&amp;#039;ai préféré suivre une formation pour devenir professeur d&amp;#039;anglais. Dès mon tout premier cours d&amp;#039;anglais, j&amp;#039;ai apprécié cette langue, et depuis, je rêvais de l&amp;#039;enseigner à mon tour. J&amp;#039;ai suivi une formation spéciale, coordonnée par l&amp;#039;Education nationale. J&amp;#039;ai étudié pendant 2 ans, puis j&amp;#039;ai obtenu mon diplôme en étant classée 8ème sur 35 élèves. Dès la rentrée suivante, j&amp;#039;ai commencé à travailler dans un collège, avec des élèves âgés de 13 à 17 ans. Au bout de 3 mois, j&amp;#039;ai dû passer le CAPEF : un inspecteur de la langue vient nous observer dans notre classe, il assiste à un cours, et juge si nous sommes aptes à enseigner, si nous faisons bien notre métier. J&amp;#039;ai réussi mon CAPEF, et j&amp;#039;ai pu continuer. J&amp;#039;aimais beaucoup mon métier, je faisais de mon mieux pour réussir à transmettre mes connaissances à mes élèves, pour faire en sorte qu&amp;#039;ils réussissent. Même une fois couchée, le soir, je ne dormais pas tranquille : j&amp;#039;imaginais comment je pouvais améliorer mon cours, je cherchais le meilleur moyen pour leur apprendre la langue. Pendant de nombreuses années, j&amp;#039;ai enseigné dans le même établissement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&amp;#039;était un peu dur, car les conditions ne sont pas les mêmes qu&amp;#039;ici, en France : on avait jusqu&amp;#039;à 45 élèves en classe, ce qui n&amp;#039;est pas évident à gérer. J&amp;#039;étais un peu sévère, mais c&amp;#039;était nécessaire, surtout que j&amp;#039;avais en face de moi des adolescents. C&amp;#039;était d&amp;#039;autant plus difficile de me faire respecter en tant que femme. Certains élèves me disaient : &amp;quot;Non, moi tu ne peux pas me punir car tu es une femme&amp;quot;. Malgré tout, j&amp;#039;aimais mon travail. Les relations se passaient bien avec les élèves et avec leurs parents, que j&amp;#039;essayais de tenir les plus informés possible du travail et du comportement de leurs enfants.&lt;br /&gt;
A cette époque, les conditions de vie étaient bonnes en général. Mais au début des années 90, elles ont commencé à se dégrader, avec la montée de l&amp;#039;intégrisme et du terrorisme. L&amp;#039;Algérie a vécu une dizaine d&amp;#039;années très dures, les femmes n&amp;#039;avaient plus le droit de sortir sans voile, alors que nous avions toujours vécu librement jusque-là. Je ne voulais pas céder, je sortais dehors sans être voilée, mais en marchant dans la rue, j&amp;#039;avais peur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&amp;#039;est pour cette raison que j&amp;#039;ai choisi de venir en France : je ne me sentais plus en sécurité là-bas. Des femmes dans la rue étaient kidnappées, tuées, agressées sexuellement. Avant, je venais déjà en vacances en France, chez des amis qui habitent en Lorraine, mais je n&amp;#039;avais jamais imaginé rester définitivement sur le territoire. J&amp;#039;étais déjà venue plusieurs fois, je restais pendant les vacances et puis je rentrais chez moi. J&amp;#039;espérais que la situation s&amp;#039;arrangerait en Algérie, mais elle continuait à se dégrader. Mon but était donc de venir en France, et de continuer mes études dans le domaine de l&amp;#039;anglais et de l&amp;#039;enseignement, pour avoir un diplôme français.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Mon arrivée en France.===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Couscous7.JPG|250px|left]]En arrivant en France, j&amp;#039;ai été hébergée par une amie qui habitait en Lorraine. Je me suis donc rendue à l&amp;#039;université, pour m&amp;#039;inscrire. Mais on m&amp;#039;a dit que ce n&amp;#039;était pas possible, car je n&amp;#039;avais pas les bons papiers. Je ne le savais pas, mais pour avoir accès à l&amp;#039;enseignement supérieur, il fallait demander un visa de long séjour. Moi, j&amp;#039;étais venue avec un visa de court séjour. J&amp;#039;avais fait les démarches seule, sans personne pour m&amp;#039;aider.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&amp;#039;ai fait une demande pour obtenir de nouveaux papiers, ce qui m&amp;#039;a été refusé, malgré les preuves que j&amp;#039;ai apportées de ce qui se passait en Algérie. J&amp;#039;ai quand même décidé de rester mais je ne n&amp;#039;étais pas bien : j&amp;#039;étais venue en France pour me réfugier, trouver la paix. En fait, je me retrouvais dans une situation illégale encore plus difficile. J&amp;#039;ai vécu ainsi plusieurs années. J&amp;#039;ai perdu un membre de ma famille qui vivait en Algérie, et je n&amp;#039;ai pas pu aller le voir, assister à ses funérailles. Ma famille, pourtant, m&amp;#039;a toujours encouragée à partir, puis à rester en France : ils savaient à quel point la situation en Algérie était difficile. J&amp;#039;étais restée en contact avec le directeur du collège dans lequel je travaillais, il m&amp;#039;a personnellement encouragée à rester en France. Après quelques années, ma situation s’est régularisée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant plusieurs années, je n&amp;#039;ai pas revu mes parents, j&amp;#039;ai été privée de ma famille. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Ma situation aujourd&amp;#039;hui.===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Nawel.JPG|250px|right]]Aujourd&amp;#039;hui, je cherche un emploi qui me permettrait de vivre. Je ne peux pas rester dans cette situation : sans travail, je ne participe pas, je me sens inutile. Mon diplôme algérien n&amp;#039;étant pas reconnu en France, j&amp;#039;ai voulu demander une validation de mes acquis. Mais comme pour être enseignant ici, il faut faire plus d&amp;#039;années d&amp;#039;études et une formation spécifique avec l&amp;#039;Education nationale, on me l&amp;#039;a refusée. Malheureusement, j&amp;#039;ai beau faire des recherches, des demandes d&amp;#039;emploi, le retour est toujours négatif. Je suis allée au GRETA, demander à être formatrice en anglais, mais pour l&amp;#039;instant ça n&amp;#039;a rien donné. Je ne suis pas la seule à me retrouver démunie, j&amp;#039;ai rencontré d&amp;#039;autres personnes qui sont dans la même situation depuis qu&amp;#039;ils sont arrivés en France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis cette année, j&amp;#039;ai fait la connaissance de nouvelles personnes, notamment grâce à la Maison de quartier de la Côte des Roses, et au Centre « Le Lierre ». J&amp;#039;y suis inscrite depuis le début de l&amp;#039;année 2013, et ça m&amp;#039;a fait du bien de faire des rencontres, de créer des liens, de me changer un petit peu les idées. J&amp;#039;ai pu participer à des ateliers : cuisine, peinture, … On fait aussi des sorties, qui me permettent de penser à autre chose. On est par exemple allé au Château de La Grange ou encore au Parc Merveilleux de Bettembourg. Grâce au Centre, j&amp;#039;ai maintenant accès à une formation avec l&amp;#039;INFA, qui accompagne les étrangers dans leur recherche d&amp;#039;emploi. J&amp;#039;ai fais des demandes de formation, et j&amp;#039;attends que l&amp;#039;une d&amp;#039;entre elles s&amp;#039;ouvre et me soit accessible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[catégorie:portraits]][[catégorie:Frontières]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Retour à la page projet : [[Femmes au pluriel : un autre regard sur le territoire (2012-2013)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette action est cofinancée par le Fonds européen d’intégration [[Fichier:FEI.png]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Marine Gérard</name></author>
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