Johanna Mercier, une fille du nord.

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Johanna Mercier est résidente du foyer Athènes à Thionville depuis septembre 2009. C’est là qu’elle a trouvé refuge contre la violence qu’elle subissait dans son couple. Elle essaie de se reconstruire.

Johanna a le mal du pays. Elle a adopté Metz et sa région mais elle rêve de retourner dans le nord. Elle a toujours un pincement au cœur quand elle évoque ses années de lycée à Lille, les sorties entre amies et les souvenirs de travail.

Jusqu’à dix huit ans elle a vécu chez son père, un ancien légionnaire, chauffeur de bus de son métier. Johanna a été élevée par sa belle-mère depuis l’âge de six ans avec les enfants que cette femme a eu avec son père. Après une dispute de trop entre les deux femmes, le père a tranché et demandé à sa fille de quitter la maison.

Même si, à l’époque, elle s’est sentie traitée pire qu’une étrangère, Johanna va profiter de cette liberté soudaine. Elle trouve un travail de serveuse et prend une chambre au F.J.T. Elle renoue aussi avec les enfants de sa mère défunte que son père avait maintenus à distance et qu’elle ne connaissait pas.

Aujourd’hui elle aimerait bien revoir son père et vider l’abcès. En huit ans elle a vécu. Elle a connu l’amour, la galère, la rue mais maintenant elle a une petite fille de quatre ans.

Elle ne veut pas prendre ce prétexte pour renouer avec son père car il ne sait plus rien d’elle. Mais elle veut lui montrer que si dans le temps il la trouvait incapable, elle a quand même réussi à devenir une maman.

Il y a sept ans en arrière, elle avait quitté le nord avec son premier amour, sillonné le pays de long en large avant de prendre Metz comme port d’attache.

Mais l’aventure et l’argent facile ont pris fin le jour où ce garçon a été arrêté pour vol avec agression.

Le retour à la réalité a été dur. Elle a regardé autour d’elle dans la rue et elle s’est demandé ce qu’elle ferait de sa vie quand elle aurait quarante cinq ans si elle continuait comme ça. Et puis l’argent, ça ne tient pas la route, elle l’a toujours flambé.

Johanna rencontre alors un garçon stable qui lui offre de refaire sa vie avec lui.

Une petite fille nait et Johanna découvre cette existence nouvelle si opposée à ce qu’elle avait connu. Elle apprend à maitriser son budget et ses envies. Elle va à la Mission locale de Metz nord qui l’aiguille vers une formation d’assistante de vie au centre A.F.P.A de Woippy qu’elle interrompra pour s’occuper de sa fille.

Après la naissance les rapports changent assez vite dans le couple. Et si Johanna reste c’est uniquement pour sa fille. La distance et la violence s’installent jusqu’à ce jour de septembre où elle demande asile au foyer Athènes. La violence conjugale lui fait plus honte que les bêtises qu’elle a faites dans le passé : elle avait choisi sa vie et là elle la subit.

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Le père de sa fille à qui elle ne voulait pas refuser de voir sa fille, a profité d’un week-end où il gardait la petite pour la lui enlever. A présent et elle ne peut voir sa fille que deux jours par semaine et un week-end sur deux.

Mais Johanna n’a pas envie de pleurer sur son sort. La vie lui a ouvert les yeux et elle est devenue méfiante. Elle garde ses sentiments pour elle car elle sait transformer les émotions négatives en force pour se battre. Elle doit trouver un contrat de travail et un logement.

Son éducatrice référente l’a positionnée sur un chantier d'insertion à Tremplin, l’association intermédiaire qui accompagne les demandeurs d’emploi. C’est un atelier "art meubles" où on transforme des meubles récupérés par Tremplin et Johanna a vraiment envie de mettre en application sa passion ]pour la décoration et les beaux arts.


un dessin de Johanna


Johannamercier1.jpg [ Publié également sur Mon Quartier, Ma ville][1]